Joint Economic Committee, Congress of the United States (éd.), China's economic future : challenges to US policy, Armong (NY), M.E. Sharpe, 19977, vxii-545 p. (Studies on contemporary China)

Cet ouvrage est la dernière version de cet outil souvent irremplaçable que constitue le rapport qu'établissent régulièrement un certain nombre d'experts états-uniens sur l'état de la Chine à la demande du Joint economic committee du Congrès américain. La rédaction de cette étude, publiée en 1997, était achevée en septembre 1996, on ne s'étonnera donc pas que le bilan proposé ne puisse tenir compte de la récente crise financière en Asie. La perspective choisie non plus ne déconcertera personne : la Chine défierait les États-Unis. En revanche, la claire énonciation d'un tel défi (cf. le sous-titre : challenges to U.S. policy ) montre que désormais la Chine serait bel et bien acceptée comme un partenaire à part [presque ?] entière. Il n'étonnera non plus personne que l'une des phrases concluant cet ouvrage puisse être « Ultimately, the American decision is likely to be substantialy a political one ». S'agissant de l'OMC, c'est-à-dire l'Organisation mondiale du commerce et non l'Organisation américaine du commerce mondial, l'idée que la décision d'admettre la Chine relèverait uniquement des États-Unis procède d'une vision du monde que dénonce, certes indirectement, Cheryl L. Hart (« Engagement or containment : a clear choice », p. 53-56).

Les analyses sont réunies en quatre parties distinctes. Une première partie regroupe différents exposés situant la Chine à l'aube du XXIe siècle (p. 1-56). La deuxième partie traite du problème de la réforme et de la modernisation des structures économiques chinoises (p. 57-422). La troisième partie évoque la question des relations économiques chinoises avec l'étranger (p. 422-470) avant que la dernière partie ne traite plus spécifiquement des rapports économiques de la Chine avec les États-Unis à l'orée du siècle prochain (p. 471-530).

Un des chapitres qui, méthodologiquement, apparaît comme l'un des plus intéressants est celui rédigé par Gary H. Jefferson et Inderjit Singh (« Ownership reform as a process of creative reduction in chinese industry », p. 176-202). Ce chapitre montre que le théorème de la faible rentabilité des entreprises d'État n'a pas été l'objet d'une démonstration systématique, que son énoncé est le plus souvent une pétition de principe et que, de surcroît, il ne suffit pas à expliquer les dysfonctionnements du secteur d'État. La nécessité d'une réforme des entreprises d'État est abordée d'une manière plus classique au détour de nombreuses contributions. Une analyse très complète de la réforme des entreprises d'État du secteur industriel est donnée par Wing Thye Woo (« Crises and institutional evolution in China's industrial sector », p. 162-175). Un autre chapitre fait une synthèse très claire du problème de la réforme du secteur d'État ; il discute du rôle et de la place de ce secteur dans l'économie chinoise par rapport à ceux des entreprises rurales (Anthony Koo et K.C. Yeh, « The impact of township, village ans private entreprises' growth on state entreprises reform : three regional cases studies », p. 381-402). Autre aspect de la remise en cause de la tutelle étatique est celui de la réforme du système financier qu'évoquent Hang-Sheng Cheng, H. Gifford Fong et Thomas Mayer (« China's financial reform aand monetary policy : issues and strategies », p. 203-220).

Parmi les études les plus intéressantes, on signalera encore celle de Judith Bannister (« China : population dynamics and economic implications », p. 338-360) ainsi que celle de George D. Holliday (« China and the World trade organization », p. 451-470). La première décrit les grands tendances démographiques caractérisant les années 1990 ; le second résume clairement les étapes et les enjeux des négociations en vue de l'admission de la Chine au sein de l'OMC.