JI Zhaojin, A History of Modern Shanghai Banking: the Rise and Decline of China’s Finance Capitalism, Armonk (NY): M.E. Sharpe, 2003, 325 p.

Ce livre se propose de conter d’une manière strictement chronologique l’évolution des institutions bancaires à Shanghai de la moitié du XIXe siècle à la moitié du XXe siècle, entre d’autres termes, de l’époque où les banques traditionnelles chinoises (qianzhuang 錢莊o u native banks pour emprunter un anglicisme) commencent à affronter la concurrence étrangère à la disparition du secteur bancaire non étatique dans les années 1950. Le premier chapitre traite des institutions financières indigènes qui « témoigneraient d’une conception confucéenne de l’ordre social ». Les deuxième et troisième chapitres étudient l’arrivée des banques occidentales et leurs rapports avec le gouvernement impérial. Les quatrième, cinquième et sixième chapitres analysent l’« âge d’or » (1912-1937) de la banque occidentale à Shanghai. Les septième et huitième chapitres évoquent les difficultés et l’inflation des années de guerres (1937-1949). Le neuvième chapitre décrit la « transformation socialiste » du secteur bancaire dans les années 1950. Enfin, une postface évoque la renaissance financière et les aspirations de Shanghai à l’aube du XXIe siècle.

Malgré son intérêt certain, ce travail présente un certain nombre de faiblesses. Elles sont documentaires d’abord puisque les archives des grandes banques étrangères ne semblent pas avoir été consultées du moins pour celles qui existent ; l’exploitation quasi exclusive des archives chinoises donnent souvent une vision très sino-centrée (au sens le plus restrictif) à cet ouvrage à telle enseigne que les avatars hongkongais de cette histoire sont négligés. Par ailleurs, on s’étonnera de l’absence de statistiques qui pourtant ne font pas défaut et dont l’emploi aurait dû permettre à l’auteur de compléter une narration parfois très anecdotique par une approche plus analytique.