Julia Kwong, The political economy of corruption in China, Armonk (NY), Sharpe, 1997, 175 p.

La lutte contre la corruption des employés du secteur public est devenue une préoccupation majeure de grands organismes internationaux tels la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international mais aussi en particulier de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dont les vingt-neuf pays membres, rejoints par l'Argentine, le Chili, le Brésil, la Bulgarie et la Slovaquie, ont signé le 21 novembre 1997 une convention condamnant la corruption d'agents publics étrangers pour obtenir des contrats ou une faveur. C'est dire que l'étude de Julia Kwong sur la corruption en Chine est d'actualité. Le premier chapitre de cet ouvrage est une tentative intelligente pour cerner l'évolution du concept de corruption en Chine ; la démarche relève toutefois davantage de l'histoire politique que de la réflexion juridique malgré l'esquisse d'une étude terminologique. Or c'est cette recension systématique des termes puis leur analyse à travers des exemples concrets (en particulier ceux généreusement offerts par la jurisprudence chinoise) qui, le mieux, aurait permis d'élaborer un schéma d'interprétation de la corruption, bref cette économie politique de la corruption annoncée par le titre. À défaut d'une telle démarche, les chapitres suivants tentent la même entreprise à travers un rappel du « contexte social », du « mode socialiste de corruption »...