Isabelle Lausent-Herrera, Sociedades y templos chinos en le Péru, Lima : Congreso del Perú, 2000, 148 p.

L'image a une dimension merveilleuse », c'est par ce propos qu'Isabelle Lausent-Herrera entr'ouvre pour nous les portes de la société chinoise péruvienne et de ses temples. Tant est vrai cet émerveillement qui nous emporte au gré des photos, que le lecteur, un temps, oublie que ce travail est d'abord et avant tout un travail d'historienne mais aussi celui d'une archiviste éprise de ses documents, d'une anthropologue « participante ».

L'ouvrage se divise en cinq chapitres précédés d'une introduction de l'auteur et d'une préface rédigée par le Dr. Martha Hildebrandt, présidente du Congrès du Pérou. Le premier chapitre, Naissance de la communauté chinoise du Pérou, nous rappelle que les premières arrivées de Chinois (foukiénois, hakka et cantonais) remontent à la fin des années 1840 et, qu'à la fin du xixe siècle, la population de ville de Lima était à 10% composée de Chinois. Le second chapitre, Quelques souvenirs, illustre une certaine ambivalence comportementale des Chinois du Pérou, d'un côté en réunion et proclamant avec force leur sinitude, de l'autre seuls ou en famille et manifestant une intégration mimétique. Dans le troisième chapitre, Le quartier chinois de Lima s'exhibe brièvement tous ses rouges et ors déployés. Le quatrième chapitre, Associations et temples à Lima, nous ramène au cœur de ce travail, outre une présentation raisonnée des associations animant divers temples, il nous offre en présent une photo inestimable (p. 135), celle de Guan gong (divinisation du général Guan Yu des Trois Royaumes) couvert d'ex-voto catholiques ! Le cinquième chapitre, La communauté chinoise des provinces, est assez émouvant car il retrace le parcours de gens beaucoup plus simples que ces commerçants enrichis de la capitale péruvienne.

S'il faut critiquer cet ouvrage, je ne relèverais pas une photo dont l'inversion est trahie par les caractères chinois (p. 134)... mais regretterais en revanche que la sinologue ne nous ait pas davantage servi en indiquant systématiquement la transcription en pinyin des expressions chinoises (noms de personnes, d'associations...) émaillant son texte, voire établi en fin de livre un lexique des caractères chinois les composant.