| LI, Hanlin, et WANG, Qi, Research on the Chinese Work Unit
Society, Frankfurt : Peter Lang, 1996, 223 p.
Le dénominateur commun aux différentes études rassemblées dans cet ouvrage est cette fameuse unité de travail ou danwei qui régente la vie de la majorité des salariés chinois. Un premier texte (p. 11-62) fait le point de la littérature sociologique – anglo-saxonne – propre à fournir des éléments d’analyse théorique. Un deuxième texte (p. 63-103) rappelle les principaux rôles dévolus à cette unité de travail. Une troisième dissertation (p. 104-118) tente de faire de présenter la notion de clan appliqué à la Chine. L’ouvrage devient réellement intéressant avec les deux études qui suivent. La première d’entre elles (le quatrième chapitre, p. 119-136) analyse les résultats d’une enquête menée en 1993 – c’est-à-dire deux ans avant que le Code du travail n’entre en vigueur – auprès de 3 334 individus appartenant à cent unités de travail différentes. La leçon est éloquente ; les salariés chinois sont très certainement plus conservateurs que leur gouvernement. La politique de « de-danweification » et la précarisation subséquente de l’emploi semblent rencontrer une très nette opposition de la part des salariés chinois qui souhaiteraient voir se reconstituer dans les nouvelles structures (entreprises privées, entreprises à capitaux étrangers...) le mode d’organisation sociale généré originellement par l’unité de travail. C’est cette constatation qui justifierait – aux yeux des auteurs – leur tentative pour proposer une certaine assimilation de la danwei au clan. L’étude suivante (le cinquième chapitre, p. 137-178) est la reprise des conclusions d’une étude publiée par ailleurs (WANG Qi, Job Change in Urban China :An Assessment of Socialist Employment Relationship, Frankfurt : Peter Lang, 1996, 157 p.) laquelle se fonde sur une enquête de 1987 auprès de 2 256 individus de vingt-six villes. Les conclusions qui peuvent être tirées des réponses à cette enquête laissent présager un certain nombre des difficultés rencontrées par les entreprises d’État lorsqu’elle commencèrent à introduire la contractualisation de leurs salariés et entreprirent de réduire le nombre de salariés surnuméraire : les salariés qui aspiraient à changer de travail et qui donc profitèrent de la politique de «conservation de l’emploi sans salaire», ting xin liu zhi furent les plus dynamiques et les mieux formées d’entre eux, c’est-à-dire précisément ceux dont avaient le plus besoin les entreprises d’État. Signalons une excellente et très vivante description de l’unité de travail in Charlotte IKELS, The Return of the God of Wealth : The Transition to Market Economy in Urban China, Stanford : Stanford University Press, 1996, p. 202-221. |