| Angus Maddison, L'économie chinoise : une perspective
historique (=Chinese Economic Performance in the Long
Run), Paris, Éditions de l'OCDE, 1998, 212 p. (Études du
Centre de développement).
L'auteur part du constat initial qu'au cours des dix derniers siècles, la Chine aurait occupé neuf siècles durant le premier rang dans l'économie mondiale avant de le perdre vers 1890 au profit des États-Unis. « En cette fin du XXe siècle, la Chine reste un pays relativement pauvre. En 1995 (note 1), son revenu par habitant [ne représenterait que] 11 % de celui des États-Unis, 13 % de celui du Japon, 20 % de celui de Taiwan 22 % de celui de la Corée ». Mais l'auteur est confiant qu'elle aura retrouver d'ici 2015 sa place de première puissance économique car «les pays qui se trouvent dans cette situation de retard relatif et d'éloignement de la frontière technologique peuvent se développer rapidement s'ils mobilisent et allouent de manière efficace le capital physique et humain du pays, adaptent la technologie étrangère en fonction des dotations en facteurs et exploitent les possibilités de spécialisation qu'offre l'intégration à l'économie mondiale» (p. 17-18). Après deux premiers chapitres traitant l'un de la croissance de l'économie chinoise à l'époque impériale (p. 21-42), l'autre du déclin économique de la Chine de 1820 à 1949 (p. 43-60), l'auteur aborde le cœur de son travail ― le développement économique de la Chine populaire de 1952 à 1995 (p. 62-106) ― avant de conclure sur ses perspectives d'évolution (p. 107-112). Et le livre de s'achever sur quatre-vingt-dix pages d'annexes statistiques. C'est clairement là la plus grande richesse de l'ouvrage. Son habileté à relire, à ré-interpréter puis à ré-ordonner des données statistiques disparates permet à l'auteur de nous offrir un bilan économique de la Chine en 1995 et de comparer son niveau de développement à celui de divers autres pays. L'analyse que l'auteur entreprend à partir de cet impressionnant panorama le conduit toutefois à diaboliser de manière quelque peu hâtive le secteur d'État et à même énoncer quelques contre-vérités flagrantes (note 2). De surcroît, la crise asiatique (dont Angus Maddison ne pouvait prévoir l'ampleur) vient à point nommé pour conforter les réticences chinoises à l'égard d'une réorganisation plus systématique de leur système économique. Aussi, le lecteur devra-t-il tenir compte d'une vision très personnelle et d'une conjoncture économique particulière pour éventuellement nuancer les perspectives chinoises d'évolution économique pour la période 1995-2015. |
| Notes : |
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