Marc Blecher et Vivienne Shue, « Into Leather : State-led Development and the Private Sector in Xinji », China Quarterly, Juin 2001, n°166, p. 368-393.

Cet article est une visite dans une municipalité du Hebei que Marc Blecher et Vivienne Shue avaient déjà étudiée dans un ouvrage antérieur (Tethered Deer : Government and Economy in a Chinese County, Stanford : Stanford University Press, 1996). Ce que notent ces deux auteurs est que l’expérience menée à Xinji est un effort conscient de la part des dirigeants locaux pour renouveler, pour réorganiser et pour redéployer les anciennes techniques de planification et de mobilisation sociale, toujours bien ancrées dans les habitudes locales, dans le but de favoriser le développement du secteur privé, de renforcer les possibilités de croissance locale et, partant, d’asseoir au mieux leur propre pouvoir de direction. Ce faisant les autorités municipales semblent avoir réinventé une forme modernisée de la danwei en réseau -- ce mode emblématique de l’organisation socio-économique socialiste chinoise -- qui transparaît dans l’ordonnancement même d’un centre commercial et de ses abords immédiats (p. 378-379), que confirme la mise en place d’une commission de supervision adoptant résolument les prérogatives d’un bureau industriel d’antan, et que souligne davantage encore cette déclaration d’un entrepreneur qu’ils interviewent : « The Supervision Commission takes care of everything for me. It sets wages, arranges raw materials purchases, assures quality production, and helps us make all manners of connections in the national and international markets » (p. 387). Et pour qualifier certaines mutations sociales, je reprendrai cet élément de conclusion des deux auteurs : « In a pattern very different from the nomenklatura privatization [...] in the former Soviet Union [...] in Xinji the nomenklatura have worked to create better conditions for the development of a new bourgeoisie » (p. 389).