| YAO Souchou, Confucian capitalism: Discourse, pratice and
the myth of Chinese enterprise, London: RoutledgeCurzon,
2002, 186 p.
Chop Ban Long est le nom d’un ces petits bazars chinois雜貨店ouverts à toute heure, exigeant peu de capital mais beaucoup de travail. « Chop Ban Long is the epitome of Confucian capitalism » déclare d’emblée l’auteur. Yao Souchou, un anthropologue enseignant à l’Université de Sidney, montre que le monde rêvé du « capitalisme confucéen » naîtrait d’une lecture culturaliste des canons confucéens qui n’en retiendrait que les éléments reproduisant des maximes comme la juste rétribution de l’effort et autres antiennes de l’antiphonaire du capitalisme… (p. 4). Ce que nous content les hagiographies de saints, mais riches, entrepreneurs chinois sont des histoires sans Histoire. Les succès dont elles rendent compte sont a-historiques en ce sens que les circonstances qui les expliqueraient ne sont jamais rapportées et que seules les vertus culturelles rêvées (travail, famille, communauté) du capitalisme confucéen sont proposées en explication. Faute de les replacer dans leur contexte, ces succès n'ont jamais de raisons économiques (faible coût de la main-d'œuvre, longues heures de travail, situation de quasi-monopole…), ou juridiques (travailleurs sans papiers, interdiction de pratiquer l'agriculture…), ou politiques ou encore… D’où, ce que j’ai autrefois appelé, cette « fuite dans l’entrepreneuriat » des populations chinoises émigrées et que Yao Souchou décrit comme « the immigrant entreprise syndrome ». Et « The romance of business endeavour and the narrative of virtue » (pour reprendre le titre de l’un des chapitres) de se substituer à toute approche scientifique ainsi qu’à toute étude statistique objective comme le notait déjà un ouvrage récemment publié par Edmund Gomez et Michael Hsiao commenté ici. |