À propos des prêts bonifiés “两优”贷款 [1]

Dans l’interview de Xu Huajiang publié sur ce site , il a été très largement question de prêts bonifiés ou, à strictement parler, des deux « catégories de prêts à taux bonifiés »  “两优”贷款, c'est-à-dire les prêts gouvernementaux à taux préférentiels et les crédits acheteur à taux préférentiels (voir figure infra).

Dans les deux cas il s'agit de prêts commerciaux liés à l'achat d'équipements chinois et de services chinois – comme le souligne sans ambiguïté Xu Huajiang – même si le bonus est considéré par la Chine comme un don relevant de l'aide au développement. La France (comme les autres pays membres du Comité d'aide au développement de l'OCDE) fait des prêts à taux bonifié dans le cadre de son aide au développement, mais ses prêts ne sont pas liés à l'achat de produits français, tant et si bien que des projets africains remportés par des entreprises chinoises ont pu être financés par des prêts bonifiés de l'AFD. Considérons la situation en 2015 pour le deux principaux anciens pays colonisateurs, la France et le Royaume-Uni : 99% des prêts octroyés par la France au titre de l'aide à projet n'étaient pas des prêts liés ; le Royaume-Uni n'ayant déclaré que des dons, ce taux de l'aide non liée est donc de 100% (données de l'OCDE disponibles à http://stats.oecd.org ). 

La Chine dit que son comportement se différencie de celui des anciens pays colonisateurs en ce sens qu'il n'y aurait pas de conditions politiques imposées. Or El. H. Abdoulaye Thiam rapporte que Xie Ping (vice-président du Groupe Exim Bank ) aurait déclaré que « l'Exim Bank Chine est satisfait des mesures prises par le chef de l’État [sénégalais] au bénéfice des populations. Il a dit que cette attitude les encourage dans leur démarche ». En d'autres termes, il s'agit bien d'une ingérence très "occidentale" qui prend en compte la gouvernance pour attribuer des financements, partant garantir l'efficacité et la sécurité des sommes engagées par la banque. Cela ne doit pas étonner puisque la Chine s'inquiète désormais de la rentabilité de son aide (voir Aide chinoise à l'Afrique Pour développer l'aide chinoise à l'étranger , et Prêts de l'ExIm Bank aux pays africains (2000-2015) ).

On pourra aussi consulter la thèse de Johanna Malm : When Chinese development finance met the IMF's public debt norm in DR Congo .

On trouvera un exemple pratique dans À propos des prêts bonifiés “两优”贷款 [2]

 

Le crédit acheteur

Je remercie Christian Vincenty et Grégoire Postel Vinay pour les informations qu'ils m'ont communiquées.